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Reprogrammer un calculateur : OBD, bench, boot, et tout ce qui précède l'écriture

Par Reprog Formation ·

Reprogrammer un calculateur, c'est remplacer une partie de sa mémoire. Pendant les quelques minutes que dure l'écriture, il n'est plus fonctionnel. C'est le seul moment vraiment risqué de tout le travail, et tout ce qui précède sert à le préparer.

Voici, dans l'ordre, les étapes d'une reprogrammation conduite proprement : identifier, préparer, lire, sauvegarder, contrôler, écrire.

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Ce qu'il y a dans un calculateur

Sur la carte électronique, deux mémoires nous intéressent.

La mémoire flash contient le programme de gestion moteur et les cartographies. Elle est commune à tous les véhicules qui ont le même moteur et la même version de logiciel. C'est elle que l'on lit et que l'on réécrit.

L'EEPROM, beaucoup plus petite, garde ce qui appartient à ce véhicule précis : les adaptations apprises en roulant, les défauts mémorisés, et les données d'antidémarrage qui lient le calculateur à la voiture. On la sauvegarde quand c'est possible. On n'y modifie rien.

À côté des cartographies, le constructeur range des sommes de contrôle. Le calculateur les vérifie pour s'assurer que sa mémoire n'est pas corrompue. On y revient plus bas.

Avant tout : identifier le calculateur

Deux voitures du même modèle, de la même année, avec le même moteur, peuvent avoir deux calculateurs différents, ou le même calculateur avec deux logiciels différents. Ce qui fonctionne sur l'une peut bloquer l'autre.

On relève donc quatre informations : le fabricant du calculateur, sa famille, son numéro de matériel et son numéro de logiciel. Ce dernier est le plus important, et il change après une mise à jour en concession.

La règle qui en découle ne souffre aucune exception : on n'écrit jamais dans un calculateur un fichier dont le numéro de logiciel n'est pas le sien. Dans un fichier « presque identique », les tables ne sont pas aux mêmes adresses.

Préparer le véhicule

Dix minutes de préparation évitent la plupart des ennuis.

  • Lire les défauts de tous les calculateurs et en garder la trace. Un défaut moteur présent se traite avant toute reprogrammation.
  • Stabiliser la tension. Contact mis, un véhicule moderne consomme beaucoup, et une écriture qui s'interrompt laisse un calculateur à moitié programmé. On branche une alimentation stabilisée sur la batterie.
  • Couper les consommateurs, fermer les portes, ne rien laisser branché sur la prise de diagnostic.
  • Mettre l'ordinateur sur secteur, mise en veille désactivée.

Les trois méthodes de lecture

Par la prise OBD

La prise de diagnostic permet de dialoguer avec le calculateur sans rien démonter. C'est la méthode la plus rapide, et celle que l'on préfère quand elle est possible.

Sa limite : c'est le calculateur qui décide de ce qu'il donne. Selon les modèles, on obtient une lecture complète, une lecture partielle, ou pas de lecture du tout. Dans ce dernier cas, l'outil identifie le logiciel et fournit le fichier d'origine correspondant depuis le serveur de son éditeur. Ce fichier n'est pas le contenu réel du calculateur : si quelqu'un a déjà modifié le véhicule, cela ne se voit pas.

Sur les générations récentes, les constructeurs ont verrouillé cet accès. On passe alors à la méthode suivante.

Au bench, sur table

Le calculateur est déposé et alimenté seul, sur l'établi. On dialogue avec lui par son connecteur, en reliant ses broches d'alimentation, de masse et de communication.

On y gagne une alimentation maîtrisée, l'absence des autres calculateurs sur le réseau, et souvent une copie plus complète. Le câblage se fait d'après le schéma fourni par l'outil pour ce calculateur précis, et on le relit broche par broche avant de mettre sous tension : une inversion peut détruire un étage du calculateur.

En boot, accès direct au processeur

C'est la méthode la plus intrusive. On place le processeur dans un mode de démarrage spécial, prévu par son fabricant, dans lequel le logiciel du calculateur n'est pas lancé. On lit et on écrit directement la mémoire.

Elle impose en général d'ouvrir le boîtier et de se connecter à des points précis de la carte. Les risques sont réels : court-circuit, carte abîmée à l'ouverture, étanchéité à refaire. On y recourt quand aucune autre voie n'existe, ou pour récupérer un calculateur dont l'écriture s'est interrompue.

OBDBenchBoot
Démontageaucundépose du calculateurdépose et ouverture
Ce qu'on obtientselon le calculateursouvent flash et EEPROMtout
Risque principaltension, contact qui se coupeerreur de câblageouverture, court-circuit

La sauvegarde : deux lectures, pas une

Le fichier d'origine est la seule chose que l'on ne peut ni racheter ni refaire. Avec lui, on peut rendre le véhicule dans son état de série et récupérer un calculateur bloqué.

Le protocole tient en cinq lignes.

  1. Lire le calculateur, puis le relire entièrement.
  2. Comparer les deux lectures, octet par octet. Si elles diffèrent, on cherche la cause et on recommence.
  3. Nommer les fichiers et les protéger en écriture.
  4. Les archiver en trois endroits.
  5. Travailler sur une copie, jamais sur l'original.

Une lecture peut être fausse sans que l'outil le signale. C'est pour cela qu'une seule ne suffit pas.

Le checksum : la somme de contrôle

Le calculateur vérifie sa mémoire avant de s'en servir. Il recalcule un nombre à partir de ses données, et le compare à celui qui est rangé dans le fichier. Dès que l'on modifie une table, le calcul ne tombe plus juste.

Selon les calculateurs, un contrôle faux produit un voyant, un mode dégradé, ou un moteur qui refuse de démarrer.

La correction est faite par le logiciel d'édition ou par l'interface d'écriture. Le piège : aucun outil ne couvre tous les calculateurs, et quand il ne sait pas corriger, il ne le dit pas toujours clairement. Avant d'écrire, il faut pouvoir répondre à une question : qui a corrigé le contrôle de ce fichier, et comment je le sais ? « Normalement, l'outil le fait » n'est pas une réponse.

Sur les générations récentes s'ajoute une signature, que seul le constructeur sait produire. Les outils ont pour ces calculateurs des procédures spécifiques.

L'écriture, et ce que l'on fait si elle s'interrompt

Avant d'écrire, quatre vérifications : c'est le bon fichier pour ce véhicule, on sait ce qu'il contient, son contrôle est corrigé, l'original est archivé.

Pendant l'écriture, on ne touche à rien. Une barre de progression figée pendant trente secondes n'est pas une panne : on attend le message de l'outil.

Après : contact coupé puis remis, lecture et effacement des défauts de tous les calculateurs, premier démarrage, puis essai avec enregistrement des paramètres.

Si l'écriture s'interrompt, on ne coupe rien. On suit la reprise proposée par l'outil, on vérifie la tension, et on relance en écrivant le fichier d'origine. Si le calculateur ne répond plus du tout, on le reprend sur table, puis en boot. Un calculateur bloqué se récupère presque toujours, à une condition : avoir l'original.

Apprendre ces gestes

Ces étapes ne sont pas difficiles. Ce sont des gestes de soin, et c'est pour cela qu'ils se pratiquent avant d'être faits sur le calculateur d'un client. Le module « lire et écrire » du programme de la formation les travaille un par un, et notre page sur les outils de reprogrammation explique quoi acheter, et dans quel ordre.

FAQ

Les questions qu'on nous pose avant de s'inscrire

Quelle différence entre OBD, bench et boot ?
En OBD, on passe par la prise de diagnostic, calculateur en place. Au bench, le calculateur est déposé et alimenté sur table, sans être ouvert. En boot, on accède directement au processeur, en général boîtier ouvert. On choisit toujours la méthode la moins intrusive que le calculateur accepte.
Faut-il démonter le calculateur pour le reprogrammer ?
Pas toujours. Beaucoup de calculateurs se lisent et s'écrivent par la prise de diagnostic. Les générations récentes, verrouillées, imposent souvent une dépose pour travailler sur table.
Que se passe-t-il si le checksum n'est pas corrigé ?
Le calculateur constate que sa mémoire ne correspond plus à sa somme de contrôle. Selon les modèles, il enregistre un défaut, passe en mode dégradé ou refuse de démarrer. On réécrit alors le fichier d'origine, puis on reprend la correction.
Peut-on abîmer un calculateur en le reprogrammant ?
Oui, si l'écriture s'interrompt, par exemple à cause d'une tension qui chute. Le calculateur ne démarre plus. Il se récupère en général par une autre méthode de programmation, à condition d'avoir sauvegardé le fichier d'origine.
Une mise à jour en concession efface-t-elle la reprogrammation ?
Oui. Elle remplace le contenu du calculateur par le logiciel du constructeur, dans une nouvelle version. Il ne faut pas réécrire l'ancien fichier modifié : il correspond à l'ancienne version. On relit, on sauvegarde le nouvel original et on refait le travail.

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